« De l'exubérante faune de la grotte Chauvet au chien de Giacometti en passant par le bestiaire roman ou les fauves de Barye, l'animal participe à l'art de beaucoup d'époques. Il est même le plus ancien sujet puisque les images zoomorphes dominent à la grotte Chauvet. L'animal a l'intérêt de constituer une réserve inépuisable de formes, de gestes, de mouvements à la fois proches et différents des postures humaines ».
Baratay E., Et l'homme créa l'animal, Ed. Odile Jacob, Paris, 2003
« L'autre usage majeur, la morale, est à son apogée au Moyen Âge et à la Renaissance qui vivent le symbolisme dans leur vie quotidienne. La littérature profane, du roman courtois à la poésie en passant par le traité de chasse, utilise l'animal pour figurer vertus et vices. Le chien et le faucon, favoris des aristocrates chasseurs, signifient la fidélité et la noblesse. Le lion est la force, le courage, la générosité. À l'inverse, le lapin et le chat évoquent la sensualité et la luxure; l'ours est la gourmandise; la tigresse, qui se regarderait dans le miroir jeté par le ravisseur de ses petits, est la vanité, etc. L'usage passe par une laïcisation des animaux et des messages pour différencier du religieux: les poètes du XVIème siècle font du phénix un symbole du génie humain se renouvelant sans cesse. Ce symbolisme se retrouve dans l'opéra à partir du XVIIème siècle et dans la peinture, surtout aux XIV-XVIIIèmes siècles. La mouche, par exemple, est fréquente dans les natures mortes ou les portraits. Intégrée à la composition ou posée sur le rebord de l'image, voire sur la surface comme un élément distinctif, incongru, indépendant de la volonté du peintre, elle représente l'éphémère et l'incertitude de la vie, la destinée périssable et pourrissable. Elle met en garde contre la vanité de la beauté physique ou de la réussite sociale. Dans la peinture de genre, comme les scènes de marché, de cuisine, de boucherie, elle symbolise la consommation débridée, la convoitise, l'immoralité ».
Baratay E., Et l'homme créa l'animal, Ed. Odile Jacob, Paris, 2003
« Les peintres animaliers d'autrefois, par exemple, avaient un sens de l'observation que nous avons aujourd'hui perdu. Leurs croquis révèlent le mouvement dans le centième de seconde avec une justesse extraordinaire bien avant la photographie ».
Bel F., cinéaste animalier, Les autres, dans L'animalité, revue Critique n° 375-376, août-septembre 1978.
« Les animaux peints sur les parois des grottes ont été représentés avec une grande richesse de détails parce qu'ils ont sans doute produit sur nos ancêtres une forte impression. Il y a 31 000 ans, dans la grotte de Chauvet (à Vallon-Pont-d'Arc en Ardèche), qui est l'une des plus anciennes grottes ornées, les artistes ont peint des animaux dangereux avec un réalisme éthologique étonnant, alors que les herbivores, dont ils se nourrissaient, étaient moins représentés (...). On constate surtout que les hommes n'ont pas dessiné de figures humaines détaillées. Et si elles sont présentes, elles n'apparaissent que sous la forme d'êtres hybrides (mi-homme mi-animal) (...) ».
Cyrulnik B., Matignon K.L., Fougea F., La fabuleuse aventure des hommes et des animaux. Ed. Hachette, coll. Littératures, 2001
Textes réunis par Jonathan Breen

Cette exposition invite à se pencher sur la place de l’animal dans les arts décoratifs et de la découverte de la richesse et la diversité des formes d’appropriation de l’animal par l’homme au travers des matières (laine, soie, fourrures et peaux, plumes, nacre, os ou galuchat...), des formes empruntées à la morphologie animale ou de la symbolique.
Une présentation inédite pour s'interroger sur la relation homme/animal et l’évolution de notre perception à travers le temps.
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